Karl Marx

1

Tous ces efforts dont il nous a débarrassés,
Cet Hercule spongieux,
Ces douze fois douze
Travaux surhumains : fouiner
Dans la merde de l’économie,
Tâtonner dans l’obscurité des systèmes,
Avec cette barbouille sans fin pour le journal,
Et la descente aux enfers
De Soho Square, tourmenté 
Par la moindre saloperie, et remettant sur ses pieds
La pensée qui marchait sur la tête, et ces nuits
Pour un événement lourd de conséquences !

2

Toute cette dureté dont il nous a débarrassés,
Ce dictateur apatride
De ses rédactions et de ses filles,
Cette véritable ironie rageuse contre nos braves
Putois menteurs de Prusse,
Les gentillesses à la vie brève,
La haute trahison à vie,
Et la pression sur la bourse de Frédéric,
Absolument répugnant, et la cruauté
À l’égard de son corps phtisique
Pour saisir à la racine cette affaire
Qu’est l’être humain !

3

Mais tout ce qu’il nous a encore laissé !
Un tel manque d’illusions.
Une telle perte universelle
De valeurs sûres. Une telle incapacité
Généralisée à se soumettre !
Et comme il est exclu, entre nous,
De ne pas douter de tout. Depuis lors
Tous nos succès ne sont que des acomptes
Sur l’Histoire. Fini le temps
De ne pas se vouer à la cause,
Et impossible d’aller jusqu’à la fin
Sans la prendre pour le commencement !

Volker Braun, Contre le monde symétrique (traduction d’Alain Lance)

Publié par Pier Lampás

Lutte, vagabonde, écrit dans le sud de l'Europe.

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