Vergesslicher Engel II

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Bien plus : ce qui éclaire et anime l’utopie concrète, c’est aussi une sauvegarde, le sauvetage de tout un excédent culturel qui continue de nous concerner — en particulier à travers les allégories de l’art et les symboles religieux — et que la fin des idéologies ne liquide pas. Un vieux sage se lamentait, disant qu’il est plus facile de nourrir l’homme que de le sauver. Le socialisme à venir, lorsque tous seront assis à la table, lorsque tous pourront s’y asseoir, devra affronter plus que jamais, en un combat particulièrement difficile et paradoxal, le renversement bien connu de ce paradoxe : il est plus facile de nourrir l’homme que de le sauver. Et cela veut dire qu’il lui faudra parvenir à la lumière, tant en ce qui le concerne qu’en ce qui nous concerne, en ce qui concerne la Mort et le secret rouge par excellence : qu’il y ait un monde.

Ernst Bloch, L’athéisme dans le christianisme, traduction de Élianne Kaufholz & Gérard Raulet, Gallimard, 1978.

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