Bouffonnerie

Le personnage de Baudelaire entre de façon décisive dans la composition de sa gloire. Son histoire a été pour la masse des lecteurs petits-bourgeois une image d’Épinal, la « carrière d’un débauché » illustrée. Cette image a beaucoup contribué à la gloire de Baudelaire, même si ceux qui la propagèrent ne comptaient guère au nombre de sesLire la suite « Bouffonnerie »

Asile

La foule n’est pas seulement le plus récent asile du réprouvé ; c’est aussi la plus récente drogue de ceux qui sont délaissés. Le flâneur est un homme délaissé dans la foule. Il partage ainsi la condition de la marchandise. Il n’a pas conscience de cette situation particulière, mais elle n’en exerce pas moins sonLire la suite « Asile »

Modernité & barbarie

Ce mot barbarie, qui est venu peut-être trop souvent sous ma plume, pourrait induire quelques personnes à croire qu’il s’agit ici de quelques dessins informes que l’imagination seule du spectateur sait transformer en choses parfaites. Ce serait mal me comprendre. Je veux parler d’une barbarie inévitable, synthétique, enfantine, qui reste souvent visible dans un art parfait (mexicaine,Lire la suite « Modernité & barbarie »

Vie(s)

[4 ou 5 février 1924] Comme c’est curieux ces silences avec moi ! N’ai-je donc plus mes yeux, ni mes oreilles, ni mon âme ? Tantôt rien ne m’ôterait la plume des doigts et tantôt rien ne saurait me l’y mettre. Ai-je donc tant vécu au hasard de ces jours ? J’ai seulement vécu comme tout leLire la suite « Vie(s) »

Vergesslicher Engel II

Bien plus : ce qui éclaire et anime l’utopie concrète, c’est aussi une sauvegarde, le sauvetage de tout un excédent culturel qui continue de nous concerner — en particulier à travers les allégories de l’art et les symboles religieux — et que la fin des idéologies ne liquide pas. Un vieux sage se lamentait, disantLire la suite « Vergesslicher Engel II »

Géographie(s)

Mahony disait que ce serait rudement chouette de partir en mer sur un de ces grands navires, et moi-même, en regardant les grands mâts, je voyais, ou j’imaginais, la géographie, dispensée chichement à l’école, prendre consistance sous mes yeux. L’école et la maison semblaient s’éloigner, et l’influence qu’elles exerçaient sur nous semblait décliner. James Joyce,Lire la suite « Géographie(s) »

« Comme toi, César »

Cette même année, un seul esclave aurait par son audace, si l’on n’y avait mis promptement bon ordre, plongé l’État dans les discordes et les guerres civiles. Un esclave d’Agrippa Postumus, nommé Clémens, en apprenant la mort d’Auguste, conçut un projet qui n’était pas d’une âme servile : il résolut de se rendre dans l’îleLire la suite « « Comme toi, César » »

Je dis qu’il doit vaincre

Chère Écusette de Noireuil,   Au beau printemps de 1952 vous viendrez d’avoir seize ans et peut-être serez-vous tentée d’entrouvrir ce livre dont j’aime à penser qu’euphoniquement le titre vous sera porté par le vent qui courbe les aubépines… Tous les rêves, tous les espoirs, toutes les illusions danseront, j’espère, nuit et jour à laLire la suite « Je dis qu’il doit vaincre »

Instantané

En vérité, il s’agit beaucoup moins de transformer l’artiste d’origine bourgeoise en maître de l’ « art prolétarien » que de le faire fonctionner, fût-ce aux dépens de son efficacité artistique, en des endroits importants de cet espace. Ne pourrait-on aller jusqu’à dire que l’interruption de sa « carrière artistique » représente une part essentielleLire la suite « Instantané »