Délivrance

Qu’à l’instinct d’accouplement, qui ne sert que la reproduction de la vie, se soit adjoint l’amour, qui ne s’inquiète pas d’elle — voilà une immense délivrance par rapport à la vie. Tout comme l’art en est une, dès qu’il s’élève au-dessus du naturel, ou encore le religieux, dès qu’il s’affranchit de la crainte et deLire la suite « Délivrance »

Expérience & pauvreté

Dans nos manuels de lecture figurait la fable du vieil homme qui sur son lit de mort fait croire à ses enfants qu’un trésor est caché dans sa vigne. Ils n’ont qu’à chercher. Les enfants creusent, mais nulle trace de trésor. Quand vient l’automne, cependant, la vigne donne comme aucune autre dans tout le pays.Lire la suite « Expérience & pauvreté »

Karl Marx

1 Tous ces efforts dont il nous a débarrassés,Cet Hercule spongieux,Ces douze fois douzeTravaux surhumains : fouinerDans la merde de l’économie,Tâtonner dans l’obscurité des systèmes,Avec cette barbouille sans fin pour le journal,Et la descente aux enfersDe Soho Square, tourmenté Par la moindre saloperie, et remettant sur ses piedsLa pensée qui marchait sur la tête, et ces nuitsPour un événement lourd deLire la suite « Karl Marx »

Affinités électives

— Permettez-moi d’avouer, dit Charlotte, que, quand vous appelez affinité le rapport qui existe entre vos êtres réguliers, ils me paraissent, à moi, avoir entre eux moins une affinité de sang qu’une affinité d’esprit et d’âme. C’est précisément ainsi qu’il peut se former entre les hommes des amitiés vraiment sérieuses, car des qualités opposées rendentLire la suite « Affinités électives »

Sous l’écorce des pierres

Homme, libre penseur ! te crois-tu seul pensantDans ce monde où la vie éclate en toute chose ?Des forces que tu tiens ta liberté dispose,Mais de tous tes conseils l’univers est absent. Respecte dans la bête un esprit agissant :Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;Un mystère d’amour dans le métal reposeLire la suite « Sous l’écorce des pierres »

Pour l’hiver épique

Je veux rendre grâce au divinLabyrinthe des effets et des causesPour la diversité des créaturesQui composent ce singulier univers,Pour la raison, qui ne cessera jamais de rêverAu plan du labyrinthe.Pour le visage d’Hélène et pour la persévérance d’Ulysse,Pour l’amour, qui nous permet de voir nos semblablesComme les voit la divinité,Pour le ferme diamant et pourLire la suite « Pour l’hiver épique »

La nature reprenant ses droits

Nous parasites gueules d’ange hirsutes increvables bagnards et des soleils blessésNous dépravésNous filles et fils maudits de leur grand rêve fracturéNous orphelins des révolutions orphelins d’un ancrage d’un ciel d’un foyerNous acrobates grimaçants et superbesNous qui excellons dans l’injure autant que dans la danseNous habiterons vaillamment ces territoires dépeuplés : que continue de croître laLire la suite « La nature reprenant ses droits »

Ficus elastica

Ma conspiration ne vise que l’abolition des vocations et des tiraillements, la renaissance du verbe en ce terreau des chairs passionnées, la réconciliation de l’homme et du Ficus sauvage faisant corps avec le pavé napolitain. Pier Lampás, L’art des dilutions Avec les pirates magnifiques du collectif éditorial Abrüpt : https://abrupt.cc

Adieu Lukács

Vous, Sartre, vous ne jugez pas malque Notre-Dame ait été éclairée par ses prêtrespour cet interlocuteur amphibie ? Non ! Le peperizzo di Pressis Passe s’en va. Au bar du Port-Royal tombe l’ombre de deux heures. Non ! Il est nécessaire qu’adviennent les scandales, mais je ne me scandalise pas. Et malheur à l’homme parLire la suite « Adieu Lukács »