Karl Marx

1 Tous ces efforts dont il nous a débarrassés,Cet Hercule spongieux,Ces douze fois douzeTravaux surhumains : fouinerDans la merde de l’économie,Tâtonner dans l’obscurité des systèmes,Avec cette barbouille sans fin pour le journal,Et la descente aux enfersDe Soho Square, tourmenté Par la moindre saloperie, et remettant sur ses piedsLa pensée qui marchait sur la tête, et ces nuitsPour un événement lourd deLire la suite « Karl Marx »

Sous l’écorce des pierres

Homme, libre penseur ! te crois-tu seul pensantDans ce monde où la vie éclate en toute chose ?Des forces que tu tiens ta liberté dispose,Mais de tous tes conseils l’univers est absent. Respecte dans la bête un esprit agissant :Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;Un mystère d’amour dans le métal reposeLire la suite « Sous l’écorce des pierres »

Pour l’hiver épique

Je veux rendre grâce au divinLabyrinthe des effets et des causesPour la diversité des créaturesQui composent ce singulier univers,Pour la raison, qui ne cessera jamais de rêverAu plan du labyrinthe.Pour le visage d’Hélène et pour la persévérance d’Ulysse,Pour l’amour, qui nous permet de voir nos semblablesComme les voit la divinité,Pour le ferme diamant et pourLire la suite « Pour l’hiver épique »

Nous devons seulement essayer

Me voici donc à mi-chemin, ayant eu vingt années –En gros vingt années gaspillées, les années de l’entre-deux guerres –Pour essayer d’apprendre à me servir des mots, et chaque essaiEst un départ entièrement neuf, une différente espèce d’échecParce que l’on n’apprend à maîtriser les motsQue pour les choses que l’on n’a plus à dire, ouLire la suite « Nous devons seulement essayer »

Je ne sais plus rien

Pardonnez-moi mon ignorance Pardonnez-moi de ne plus connaître l’ancien jeu des vers Je ne sais plus rien et j’aime uniquement Les fleurs à mes yeux redeviennent des flammes Je médite divinement Et je souris des êtres que je n’ai pas créés Mais si le temps venait où l’ombre enfin solide Se multipliait en réalisant laLire la suite « Je ne sais plus rien »

Bifurcations & magouilles

Cette époque est dure                                   pour la plume : oui, mais, dites-moi,                            les estropiés et les contus, qui donc, parmi les grands,                                         avait coutume de choisir les sentiers                                   faciles et battus ? Vladimir Maïakovski, Poème à Essenine

La diritta via era smarrita

Étant à mi-chemin de notre vie,je me trouvai dans une forêt obscure,la route droite ayant été gauchie. Ah ! combien en parler est chose dure,de cette forêt rude et âpre et druequi à nouveau un effroi me procure ! Si aigre que la mort l’est à peine plus…Mais pour traiter du bien que j’y trouvai,jeLire la suite « La diritta via era smarrita »